L'indexation de l'aide sociale aux non valides au niveau du SMIG ou de la croissance, le respect du quota de 6 % d'handicapés dans les entreprises, dans les écoles, la fonction publique et au Parlement, la création d'un Conseil National des Citoyens Handicapés sur le modèle scandinave, un programme pluriannuel de mise en conformité de tous les bâtiments publics aux personnes handicapées, le calcul d'une handi-notation dans chaque ville intégrée dans les contrats de ville, la création d'un fonds d'aide à l'intégration alimenté par les impôts locaux des villes les moins accessibles, tout cela est-il utopique ?
Les personnes valides ont, du fait de leur mobilité, des difficultés importantes de concevoir un univers spatial et temporel différent. Amusons-nous à inverser les rôles.
Les valides semblent souvent affectés par leur mobilité ce qui leur donne une certaine rigidité. Ils ont tendance à croire que tout doit être fait pour eux. Pourquoi faudrait-il que ce soit les handicapés qui s'intègrent au monde des valides et non l'inverse. Habitués depuis des siècles à vivre avec des marches, à subir la dictature des escaliers, à essayer toujours les mêmes solutions architecturales, les valides pratiquent un environnement peu original, peu aménageable, souvent mal adapté aux besoins de l'homme moderne soucieux d'innovation et de cohérence. Résultat de cette logique : les femmes enceintes sont épuisées de faire leurs courses, les personnes âgées sont découragées de sortir de chez elles, les immeubles des banlieues sont des cages à lapins. L'homme valide s'épuise dans les escaliers depuis des millénaires, et il en redemande à l'ère de la montre-télé et de la navette spatiale ! Il est de notre responsabilité d'handicapés d'intégrer les valides à notre mode de vie équilibré, original, égalitariste et subtil. Il s'agit de faire preuve d'imagination pour aider les valides à briser leur isolement. Il faut empêcher les pratiques architecturales et administratives des valides de continuer à faire des ravages. Il faut les aider à trouver d'autres façons de concevoir la vie non plus sur l'apparence mais sur la richesse de notre espace intérieur. Les valides semblent avoir des vues à court terme. Ils ont besoin d'une grande attention pour être compris malgré leur mobilité, leur culte de l'image et de la vitesse. Heureusement, les valides ont des aides. Des rampes pour ne pas tomber, des ascenseurs pour ne pas se briser les reins à porter des charges, des logements informatisés sont des outils à généraliser.
mercredi 10 janvier 2007
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