Le mouvement "handicapiste" prône un égalitarisme où « chacun est responsable de tous » comme le disait Saint-Exupéry. Trop de personnes handicapées, embourbées par les difficultés « logistiques » de leur vie quotidienne capitulent. Il faut dire à ces femmes handicapées, ne renoncez pas à votre beauté ! Dire à ces hommes, ne renoncez pas à votre virilité ! En refusant la prison de vos corps, en domptant heure par heure votre environnement, vous ouvrez un chemin pour les valides qui n'ont plus de raison de vivre. Combien de personnes handicapées mériteraient une légion d'honneur pour avoir sauvé une vie, la leur ! Il faut dire que chez les citoyens handicapés, la modestie l'emporte plus souvent que chez les valides. Pas le temps de tricher lorsqu'il faut se contenter de soupe froide dans les centres, vivre avec 300 F d'économie, renoncer à un spectacle, vivre même si la pitié submerge l'amitié, même si après la toilette ou un repas la solitude est toujours là ! Le handicap social n'est pas une fatalité.
L'intégration totale, c'est la disparition des logos handicapés, la création de chambres d'hôtels, d'universités, de cinémas, d'aéroports, de cabines téléphoniques ouverts aux valides autant qu'à la flotte de 100 000 fauteuils roulants français. Ces exemples de mesures doivent être relayées par un système de soins à domicile digne de ce nom sur tout le territoire. La mobilité des non-valides doit être obtenue au nom de la liberté de circulation des biens et des personnes. Les médecins-conseils des CPAM doivent être évalués par le Conseil National des Citoyens Handicapés. Les transports publics non-accessibles (financés par les impôts des non-valides) doivent être compensés par une allocation-mobilité favorisant ainsi la création de transports adaptés.
Le peuple des citoyens handicapés ne doit pas se résoudre à vivre enfermé. Un ministère des personnes handicapées n'a pas lieu d'être dans la mesure où les citoyens handicapés seront partout représentés dans les instances de décision. Les soignants devraient recevoir une partie de leur salaire en fonction des notes attribuées par les malades. Un service de volontaires du service national pourraient circuler dans les grandes villes pour veiller au respect des emplacements pour handicapés.
Les bus, les métros, les trains doivent être progressivement remplacés par du matériel adapté. L'avenir appartient à ceux qui auront compris qu'il coûte moins cher de construire en amont que de réparer en aval. Aux appels d'offres publics, les maîtres d'ouvrage devraient même intégrer un surcoût pour l'accessibilité (sur le modèle des conventions chantiers propres). Comme aux USA, 10 % des logements construits avec des fonds publics doivent être réservés prioritairement aux citoyens handicapés. La véritable libération du XXIe siècle consistera, via une nouvelle écologie urbaine, à aider l'homme à vivre dans un environnement à géométrie variable.
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